Notre Action
Après la création de notre association en juin 2003,
notre première action a consisté à adresser un
courrier au préfet, exprimant notre inquiétude de voir
la plate-forme chimique de Pont de Claix augmenter ses capacités
sans que les leçons d'AZF aient été tirées.
Téléchargez notre
lettre au préfet du 25 juin 2003.
Dans ce courrier, nous demandions au préfet un moratoire sur la
plate-forme : que les études de danger soient remises à
plat et reprises en profondeur avant d'envisager tout projet
d'extension; que tout soit fait pour privilégier des
activités n'impliquant pas de produits générant
des risques majeurs autour de la plate-forme.
Le préfet n'a pas daigné nous
répondre sur le fond. Plus d'un an après notre lettre, nous avons reçu
un courrier formel nous assurant que la réglementation était bien
appliquée.
Le samedi 7 septembre 2003, nous avons participé au Forum
des Associations de la commune de Claix, dont une grande partie est
englobée dans les zones de risques irréversibles ou
mortels.
Pour cette occasion, nous avons rédigé une
plaquette
d'information dont nous avons distribué une centaine
d'exemplaires.
Nous avons également diffusé un texte dans le numéro d'octobre 2003
de Claix Acedi, le bulletin des associations claixoises. Puis un autre
article dans le numéro de mars 2004.
Nous avons rencontré un certain nombre d'élus
des communes riveraines de la plate-forme (Pont de Claix,
Echirolles, Claix) à qui nous avons fait part de nos
interrogations.
Nous avons exprimé à la DRIRE notre volonté de
participer au Comité Local d'Information et de Concertation
(CLIC) qui devra être mis en place
en relation avec la plate-forme du Pont de Claix.
Malheureusement, les décrets d'application de la
Loi Bachelot du 30 juillet 2003, n'ont pas encore été
publiés.
Nous avons réalisé une note de calculs succinte
sur le scénario d'accident
majorant de la plate-forme, qui
envisage une fuite de phosgène de 3 minutes après
rupture franche d'une canalisation.
Cette étude montre deux choses importantes :
- à faible vitesse de vent et en cas d'inversion des
températures (phénomène assez courant sur
la cuvette grenobloise), l'étendue des zones contaminées
serait plus grande qu'indiqué dans les études de
danger : toute l'agglomération grenobloise serait
menacée !
- à vitesse de vent moyenne ou élevée,
les délais pour réagir sont extrêmement courts :
les moyens d'intervention ne permettront pas de faire face !
Par exemple, par un vent modéré de 4 m/s, un nuage
toxique parcourerait 2,4 kilomètres en 10 minutes. C'est le
temps dont le personnel d'astreinte de la plate-forme dispose pour
arriver sur place et mettre en action les Ensembles Mobiles d'Alerte.
Qui n'arriveront que bien trop tard !!
Cette note de calculs est disponible sur demande. Nous l'avons,
courant novembre 2003, communiquée au Préfet, à la DRIRE, au
directeur de Rhodia Intermédiaires.
Vous pouvez télécharger
un résumé de cette
note, qui en détaille les principales conclusions.
Nous nous sommes associés à la
pétition
de soutien à Mr Henri Farreny, qui dénonce depuis
des années les manquements qui ont mené à la
catastrophe AZF, et a fait l'objet,
en décembre 2003, d'une
poursuite en diffamation de la SNPE. Cette tentative
d'étouffer le débat public ne pouvait être
qu'insupportable à une association telle que la nôtre.
Début janvier, le mouvement de soutien à Henri Farreny
prenant de l'ampleur, la SNPE a retiré sa plainte.
Le Plan Particulier d'Intervention (PPI) de chaque site Seveso doit
être révisé tous les 5 ans. Celui de la plate-forme
de Pont de Claix date de 1995. Il est en cours de révision.
Un avant-projet a
été transmis par la Protection Civile aux 27 communes
concernées, pour mise à disposition du public qui
peut faire part de ses remarques pendant un mois, jusqu'à
la fin décembre.
Nous avons découvert par hasard l'existence de
ce projet. Nous nous sommes plaint de l'absence totale de
publicité qui lui a été faite au niveau
communal.
Sur le fond, nous déplorons le caractère
irréaliste des dispositions de ce nouveau PPI, qui
méconnaît la nécessité de réagir
très rapidement, et la mauvaise information des populations.
La plupart des mesures envisagées ne prendront effet
que lorsqu'il sera trop tard !
Le 10 janvier 2004, nous avons pu visiter la plate-forme, où
nous avons été fort bien reçus par les
dirigeants de Rhodia Intermédiaires et Isochem.
Les 9 et 10 mars 2004, l'Association a été
invitée à participer au congrès
RISQUES INDUSTRIELS 2004, à Paris. Ce Congrès,
avant tout destiné aux industriels, leur détaillait
les conséquences de l'application prochaine de la loi
Bachelot. Nous y avons témoigné des attentes des
riverains des sites à Seveso. Des formes de dialogue
nouvelles entre industriels, administration et riverains,
sont à inventer !
Notre premier courrier au Préfet étant resté sans réponse,
nous lui avons adressé, le 19 juin
2004, une Lettre Ouverte.
Nous dénonçons en particulier :
- l'irréalisme du Plan Particulier d'Intervention
supposé faire face à un accident majeur sur la plate-forme;
- la non application de la loi qui prévoit des exercices
PPI au moins tous les trois ans (le dernier remonte à juin
2000);
- la non application de la circulaire ministérielle qui
préconise un réseau de sirènes d'alerte
autour des sites Seveso quand le rayon de la zone de danger
dépasse 1000 mètres; au Pont de Claix cette zone est
de 6000 mètres, et n'existe qu'une malheureuse sirène
audible seulement aux abords immédiats du site.
Nous avons diffusé cette lettre ouverte aussi largement que
possible. En particulier, nous l'avons fait suivre au
Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable,
aux Députés de l'Isère, aux
Présidents des Conseils Régional et
Général, aux Maires des communes concernées.
Depuis début 2005, nous travaillons sur une étude permettant d'évaluer
l'efficacité du confinement face à un nuage de phosgène, ou de
chlore. Il est en effet assez surprenant de constater
- qu'il n'existe pas de normes pour l'étanchéité des locaux
destinés au confinement des populations,
- qu'il n'existe pas de recommandations quant à l'opportunité d'un
confinement, par rapport à une évacuation par exemple.
Nous ne sommes pas des experts, mais nous avons un minimum de bon
sens. Nous sommes partis d'une constatation simple: le phosgène
étant très toxique (c'est un des produits les plus toxiques dont
l'utilisation soit encore autorisée), on doit pouvoir se confiner
dans un local extrêmement étanche pour être protégé.
Or les études que nous avons pu consulter concernant l'étanchéité de
différents types de locaux montrent que cela sera très difficile à
obtenir. Une quantité même minime de gaz toxique pénètrera dans
n'importe quel local, et les effets sur la santé seront d'autant plus
importants que l'on restera plus longtemps dans une pièce contaminée.
Nous en tirons trois conclusions:
-
Il faut s'efforcer d'améliorer autant que possible l'étanchéité
des pièces destinées au confinement : les aérations doivent pouvoir
être arrêtées et bouchées facilement, les huisseries doivent être
en excellent état, des rouleaux de scotch devraient être disponibles
-- c'est le cas par exemple dans les écoles de Feyzin, pourquoi pas
à Pont de Claix et alentour ??
-
Il faudra, en cas d'accident, ne pas rester dans un local de
confinement plus longtemps que nécessaire : sans quoi, si le
local a été contaminé, les effets sur la santé pourraient être
importants. Celà nécessite une gestion très précise de l'alerte,
zone par zone, du début de l'accident jusqu'à sa fin.
-
Les autorités civiles devraient réfléchir, selon le déroulement
possible d'un éventuel accident majeur, aux avantages comparés
du confinement et de l'évacuation des populations.
Nous espérons pouvoir faire valider nos conclusions par des
spécialistes. Pour l'essentiel, nous les avons retrouvées dans
des recommandations officielles du Québec, qui semble en avance
sur la France quant la nécessaire réflexion sur les
accidents industriels.
En février 2005, nous avons transmis l'essentiel de nos conclusions
aux responsables des établissements scolaires les plus proches de la
plate-forme, sous la forme d'un document de six pages.
Il nous semble très important que ces responsables sachent
très précisément à quelles conditions ils seraient capables d'assurer
la protection des enfants qui se trouvent sous leur responsabilité,
en cas d'accident majeur sur la plate-forme. Actuellement, nous
estimons que cette protection n'est pas assurée, quand certaines
écoles ou collèges prétendent se confiner dans des pièces aux
huisseries fatiguées, ou même dans un gymnase !!
A l'occasion de l'exercice du 18 octobre 2005, nous avons remis en
avant nos principales interrogations. M6 et le Dauphiné Libéré
s'en sont fait l'écho. Nous espérons que cela contribuera à ce
qu'elles soient réellement prises en compte.
En janvier 2007 nous avons intégré le Comité Local d'Information et de
Concertation (CLIC) "Agglomération Grenobloise et sud-Isère", au titre
du collège riverains, qui compte 5 membres. Cette première réunion a
essentiellement consisté à désigner un Président (le Préfet) et
présenter les étapes à venir de la mise en place des Plans de
Prévention des Risques Technologiques. D'autres réunions seraient
nécessaires si ce comité doit servir à quelquechose mais, plus d'un an
après, nous ne voyons toujours rien venir !
Nous avons demandé à ce que les points suivants soient mis à l'ordre
du jour de la prochaine réunion du CLIC :
- Les problèmes de délais de réaction en cas d'accident
grace sur la plate-forme. Face à l'évidence, qui est qu'un nuage
toxique issu de la plate-forme pourrait atteindre les habitants
les plus proches en deux ou trois minutes, que faire ?
- Les problèmes de confinement au cas où les riverains
aient besoin de se protéger. Pour que le confinement soit efficace
il ne faut pas faire n'importe quoi : ce n'est pas (seulement) l'AR2PC
qui le dit, mais aussi le Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement de
Lyon. Pourquoi n'en tient-on pas compte à Pont de Claix ?
Nous souhaitons également que le CLIC soit associé à la prochaine
campagne d'information, annoncée à l'automne 2008. Et que ce soit
l'occasion d'en revoir les contenus.
Accueil